Larry Brown a commencé à écrire en voulant faire comme
Stephen King. Cela lui paraissait le truc à faire, une voie vers le salut et
une occupation fructueuse. Stephen King avait beaucoup de succès, gagnait
beaucoup d’argent. Il lui est petit à petit apparu que les livres de Stephen
King n’étaient pas si bien que ça, qu’on pouvait trouver mieux, que lui-même
pouvait faire mieux – différent en tout cas –, une écriture plus personnelle
correspondant davantage aux appels déchirants de son âme, à sa vision du monde
désabusée, une écriture viscérale, de chair et d’os, fatiguée pour l’une et
rongés pour les autres. Il découvrira aussi qu’il existe un public pour ça.
La nouvelle « 92 jours » (dédiée à
« Buk ») liste in extenso les livres fétiches de l’écrivain :
« Le bruit et la fureur » (Faulkner), « Je t’aime Albert »
(Bukowski), « Jujitsu for Christ » (Jack Butler), « Un enfant de
Dieu » (Cormac McCarthy), « Le vieil homme et la mer »
(Heminghway) et les oeuvres complètes de Flannery O’Connor.
Dans « Maquis », Philippe Garnier veut faire la
peau au cliché de « l’écrivain pompier » qui lui colle aux boots (Larry
Brown a effectivement occupé la fonction de pompier volontaire). Garnier veut
toujours un angle neuf, inédit, à contre-courant des idées préconçues. Il ne réussira
qu’à y substituer un autre cliché : Larry Brown déambulant dans sa
camionnette sur les routes du Mississippi, fumant clopes sur clopes, une
glacière remplies de bières posée sur le siège passager.
C’est ce cliché qu’honorent divers musiciens dans « Just
one more - A musical tribute to Larry Brown, a great american author »,
compilation conçue pour être écoutée sur les routes abîmées du Mississippi,
dans une camionnette poussive, une glacière de bières sur le siège passager.
Larry Brown lui-même y pousse la chansonnette. Une chanson sur le CD original
et deux sur un CD bonus.
« Just
one more - A musical tribute to Larry Brown, a great american author »
(CD-Bloodshot records, 2007)
NdHBT : “Jujitsu for Christ” de Jack Butler et “On Fire” (le
récit autobiographique sur l’expérience de Larry Brown dans le corps des
pompiers) ne sont pas traduits en français. Moi, j’dis ça, j’dis rien.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire