Le qualificatif approprié pour les Sadies, quatuor canadien depuis 1994, est : discrétion.
Il y a quelques années, l’image d’accueil de leur site était un dessin représentant chaque membre du groupe sous forme de squelette, sur le haut d’une éminence, chacun à son instrument. La toile étant ce qu’elle est, mouvante et erratique, je n’ai malheureusement aucune copie de ce dessin.
Les Sadies sont pour moi ces fantômes en haut de la colline, le chant des pierres, le son du vent dans la montagne, une présence invisible. Cela fait une dizaine d’années que j’achète régulièrement leurs disques et les écoute avec plaisir mais j’oublie systématiquement de les inclure dans la liste (oui, manie des listes) de mes groupes ou disques préférés. Les Sadies sont discrets, effacés, se fondent dans le décor. Les Sadies font tapisserie.
Une qualité qui n’est pas passée inaperçue pour certains. Les Sadies ont fait ou font le backing-band pour Jon Langford (Mekons), John Doe (X), André Williams, Neko Case et quelques autres (une liste appelée à s’agrandir).
On dit que les Sadies ont un style bien à eux, qui leur appartient en propre. Ce style — n’ayons pas peur de nous lancer dans le descriptif — est plutôt une juxtaposition de ce qui a été fait par d’autres et les Sadies rappelleront pêle-mêle Duane Eddy, Luna, le Chocolate Watch Band, les Byrds, Link Wray, Bottle Rockets, Volebeats, les Plimsouls, Uncle Tupelo, les Kinks, les Miracle Workers, les Pastels, Johnny Cash, Chris Isaak ou les Flying Burrito Brothers, en résumé : pop, country, instrumental surf & western, rockabilly, twang, psych rock folk, pop éthérée et légère. Les Sadies rappellent un peu tout le monde mais les Sadies sont uniques.
Sur « Moi J’connais », le label des cajun helvétiques Mama Rosin, sort une compilation de titres obscurs, « Archives volume One, 1995-2015, rarities, oddities and radio ». Une merveilleuse occasion aux Sadies de se rappeler à notre souvenir.


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