L’avatar [4] en haut à droite est un dessin de The Shadow [5] que l’on peut — on doit ! — traduire par L’Ombre. La phrase précédente est grammaticalement boiteuse. Ce serait aussi maladroit d’écrire « un dessin de le chat ». Ce n’est pas correct. Toi y en a bien mal parler la France. Mais les liaisons textuelles (et non pas sexuelles) des langues de Sacha Guitry et de Laurence Olivier permettent des libertés dont il serait idiot de ne pas user. Le Shadow est donc une ombre et l’appropriation de ce personnage [6] par moi-même devient un subtil numéro de camouflage caméléonesque [7] : je suis l’ombre de moi-même. Je suis moi sans être moi, nous sommes plusieurs et pouvons utiliser pas moins de trois pronoms personnels [6] pour exprimer ce que nous avons dans le crâne ou sur le coeur. C’est assez pratique.
Par ailleurs, l’ombre peut être envisagée comme une chose ou un concept, métaphysique, symbolique, mythologique, prophylactique, toutes sortes de hic ouvrant de grandes possibilités et de petites libertés. C’est open, c’est free. C’est noir. L’ombre est avant tout absence de lumière, obscurité, dissimulation, cachotteries. L’ombre est ce qui se cachent de ténèbres dans le coeur des hommes, selon la célèbre formule d’Orson Welles [8].
La semaine prochaine, s’il reste des survivants, nous nous attaquerons aux mots Hobo, Mind, Tribune. Si on veut.
Notes :
1. CMS pour Content Management System. Gestion de contenu, en français. L’usage majoritaire et quasi totalitaire des CMS est la présentation des entrées par ordre chronologique décroissant.
2. « Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. » (Mathieu 20 :16, traduction oecuménique)
3. Entrée = article. Ne pinaillons pas.
4. Un avatar est un petit personnage ou une représentation graphique désignant un utilisateur sur internet ou un joueur participant à un jeu vidéo.
5. The Shadow est un personnage de « pulps ». Les pulps sont des histoires imprimées sur du papier bon marché, rédigées par des auteurs mal payés, lues par des gens désoeuvrés.
6. Etymologiquement, le mot personnage est dérivé du latin persona, le masque de l’acteur.
7. Le caméléon est un lézard pouvant changer de couleur en fonction de son environnement.
8. Orson Welles est un réalisateur de films peu connus (« Citizen Kane, 1940, « The touch of evil », 1958 etc.). Il interpréta, de 1937 à 1938, The Shadow en feuilleton radiophonique pour la RKO. La sentence introductive (« who knows what evil lurks in the hearts of men ? ») est librement traduite par vos serviteurs (moi et mon ombre), lesquels serviteurs y apportent même — c’est osé — une réponse : « nobody nose » (soyez attentifs, un jeu de mots s’est dissimulé dans la phrase. Saurez-vous le retrouver ?)

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