2015-05-08

stand by (2)

Avant de retourner dans notre caisson de cryogénisation pour régénération cellulaire, nous aurions aimé parler du nouvel album de Dominic Sonic, « vanités #6 », et en dire du bien (car on ne dit jamais assez de bien de Dominic Sonic). Mais l’homme est tout le contraire d’un homme pressé et si la sortie du disque est imminente, impossible de dire si cette imminence se mesure en jours, en semaines, en mois, en décennies. Ça sera forcément bien, de toute façon.
Pour patienter, nous écouterons les quelques disques sortis en 2015 qui valent le détour.
King Automatic, habituellement bande d’un seul homme (one-man-band), rompt sa solitude avec « Lorraine Exotica » (Voodoo Rhythms, CD/LP/digital).
Jacques Duvall, expert en désespoir, poursuit ses recherches neurasthéniques dans “Je ne me prends plus pour Dieu” (Freaksville, CD/digital). «J’ai testé pour vous la dépression / Elle ne m’a pas fait bonne impression» chante-t-il dans «Le moindre espoir». En fait non, il ne chante pas, il fait rimer façon Jacques Duvall (deadpan et toute cette sorte de chose).
Le néo-texan Zebulon Whatley (Sons of Perdition) s’offre une récréation (avant de se replier dans les miasmes -sic) en compagnie du norvégien Jaran Hereid avec « Fossils » (Gravewax, digital), «somber tales of broken people, broken towns and broken limbs». Ces gens-là savent choisir leurs sujets.
Le canadien Uncle Sinner revient avec « Let the Devil in » (self production, CD/digital), la crème de la crème dans le genre gothicana (blues, folk & gothic country torturée). Un must. C’est d’ailleurs ce que nous écoutons en ce moment même et si vous voyez le texte s’arrêter brutalement, cela signifie que le disque est pourvu d’un dispositif de traçage et que la cyber-eschatologic police nous a déjà appréhendé et conduit dans une antichambre noire afin d’y expier nos péchés.
Etonnant à plus d’un titre (il y en a douze) : « This is the Sonics », 50 ans après « Here are the Sonics ». On peut pas le rater. “This is the Sonics” (Revox, CD/LP). «We were nasty. Everything you’ve heard people say about us is true» (Larry Parypa).
Decheman & The Gardener proposent leur deuxième album, “Coup fourré!” (Kizmiaz Rds, LP).
Les Wave Pictures proposent leur 173ème album, « Great big flamingo burning moon » (Moshi Moshi, CD/LP/digital). Il est bien. Mieux que le 97ème et presque aussi bon que le 13ème. Le 172ème est un reprisage intégral d’Artistic Vice de Daniel Johnston mais nous éviterons de vous submerger d’informations, c’est assez compliqué comme ça.
Sleepy Eyes Nelson revient des Amériques avec pas moins de trois albums dans les valises, « Dewdopper », « Stuck with the blues » et « Hair of the dog » (Cheap Wine records, digital). En attendant le prochain JB Nelson. Ha.
Tout récent : Lonesome Wyatt réinvite Rachel Brooke à faire tourner les tables chez lui. Cela donne « Bad Omen » (CD/LP/digital, Tribulation Recording Co.), de mauvais présages. Nous réservons nos éloges pour la prochaine livraison de Rachel Brooke en solo.
A cheval entre 2014 et 2015, nous signalerons « Kepi goes country » (Eccentric Pop, CD/LP/digital) et « Dan Sartaing sings » (self production, digital), une surprenante collection d’inédits, ses tout premiers enregistrements.  Enfin, des métalleux chevelus pas commodes et pas joviaux livrent le deuxième tome de « Songs of Townes Van Zandt » (My Proud Mountain, CD/LP). Ce beau monde gravite dans l’entourage des ex. Neurosis, donc ça rigole pas.
Par manque de fonds nous n’avons pas encore écouté le dernier Delaney Davidson, « Diamond dozen » (Squoodge records, LP) ni les « Hair raising sounds » de Hipbone Slim & The Crowntoppers (Beast records, LP) mais nous espérons réparer l’outrage.
Nous ne saurions évidemment être trop directifs et vous obliger à écouter ou aimer tout ça mais si vous ne le faites pas, vous vous feriez du tort inutilement et ça oui, cela nous chagrinerait beaucoup. Bon, vous connaissez aussi bien que moi les règles : do as you please & please as you do.

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