2015-04-22

Tom Drury : La contrée immobile


Ô wikipedia, puits de la Science, source du Savoir, matrice de la Connaissance, arbitre de la Raison, ô wikipedia qui, par la Grâce et la Compassion de millions de bénévoles, nous permet chaque soir de nous coucher moins con que le matin et le lendemain de nous réveiller aussi con que la veille tant wikipedia, dans son action philanthrope, dans sa poursuite sacerdotale du Juste et du Bien, est un Rêve, pour rêveurs oublieux oui, mais néanmoins un Rêve. Wikipedia, donc, nous apprend que « Tom Drury est  un écrivain américain ». C'est bon, n’en dites pas plus. Nous ne voulons pas savoir.
Les éditions Points nous disent que la revue Granta a élu Tom Drury comme l’un des 20 meilleurs romanciers américains. Nous ne voulons pas connaître le nom du 21ème.
Dans « La contrée immobile », Pierre Hunter, barman débonnaire dans un patelin perdu de l’Iowa, s’entretient de prédestination avec un pilier de comptoir. Pierre a des conversations singulières. Plus tard, Pierre dit à  une femme rencontrée au hasard : « L’idée du livre est que le temps n’existe pas. Et que tout ce qui est jamais arrivé ou arrivera jamais était déjà là depuis le début. Et même, je crois, différentes versions de ce qui va apparemment arriver. Ou, pas ici, mais quelque part. » A une autre fille également rencontrée au hasard, il demande : « Tu es cinglée, c'est ça ? » Pierre fait de drôles de rencontres. Tout le roman est à l’avenant. Pierre n’a pas l’air de comprendre les choses qui lui arrivent mais elles lui arrivent. Pierre n’a pas l’air de savoir ce qu’il fait mais il le fait. Pierre va là où le livre l’emmène. Pierre est un personnage de roman.
Des romans, nous en lisons malheureusement très peu. Et nous en finissons encore moins.
« La contrée immobile », c’est du petit lait. Un délice. Une jubilation constante dans un climat de mystère. Tom Drury, c’est un ton et une ambiance. « Du Southern Gothic, mais façon Midwest », répète Nicolas Richard (le traducteur) dans sa préface.
Tom Drury a écrit d’autres romans. Nicolas Richard en a déjà traduit deux autres. « La fin du vandalisme » et « Les fantômes voyageur ». Nous les lirons en temps voulu. Si le temps veut bien.

Tom Drury, La contrée immobile, Ed. Points (poche).


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